II- Les JARDINS de THOIRY,
QUATRE RÊVES de PARADIS TERRESTRE :
Les jardins historiques sont des espaces sculptés par les siècles. Ils témoignent
de la vision idéale de la nature de leur époque. L'ampleur des frondaisons des
arbres et la profondeur des perspectives harmonisent le paysage et projettent
le promeneur dans une nature sublimée par les rêves de paradis terrestre de
cultures disparues. Jardins, architecture et meubles ordonnent l'espace afin
que le "bien vivre" favorise l'expression du bien "être" dans les comportements
de notre vie quotidienne. Les jardiniers, les architectes et les maîtres artisans
des siècles passés aidaient chacun à incarner plus d'être et à personnaliser
le temps. Les visiteurs, pour une promenade amoureuse ou familiale confient
au Château et à ses jardins le soin de mettre en scène un moment important de
leur vie. Dans ces espaces sublimés par le temps, il est plus facile de transfigurer
des instants de bonheur en moments d'éternité.
Depuis 1559, des paysagistes célèbres ont transformé les champs et
les bois de Thoiry en des jardins et parcs, témoignant de la vision idéale de
la nature et de l'art de vivre de leur époque :
- 1559 : le premier jardin de Thoiry ordonnait la vue dans les axes architecturaux
correspondants à la fonction solaire de la demeure d'un alchimiste, construite
selon le nombre d'or par Philibert de l'Orme.
- 1708 : Claude Desgot, neveu et successeur de Le Nôtre, harmonisa tout le paysage
"à la française". Une remarquable illusion d'optique inverse l'effet de perspective
: le promeneur, qui descend l'allée centrale du parterre sud-ouest, a l'impression
que le fond du jardin au lieu de se rapprocher, s'éloigne quand il s'avance.
- 1827 puis 1850 : avec la mode romantique des jardins "anglo-chinois", Châtelain
puis Varé, (paysagiste du Bois de Boulogne), firent un parc "plus naturel que
la nature" et acclimatèrent des arbres et arbustes exotiques.
- 1968 : En prenant à bord 1000 animaux sauvages et exotiques en voie de disparition,
le vaisseau pour voyager dans le temps, "Château de Thoiry", est devenu une
"Arche de Noé" et un jardin témoin des rêves écologiques du XX ème Siècle.
- 2000 : Les jardins historiques à Thoiry rempliront leur double fonction :
témoigner du passé par de nouvelles restaurations et créer de nouvelle mise
en scène la Nature selon les rêves et la culture de notre temps.
En 1559, les jardins valorisent l'architecture du château
d'un alchimiste : Le Jardin de 1559 prolongeait l'architecture fonctionnelle
du Château créée par Philibert de l'Orme, et à son maître maçon, Olivier Ymbert,
pour Raoul Moreau, Trésorier du Roi Henri II. En montant vers le château, le
promeneur est ébloui par la lumière du soleil qui traverse les fenêtres du rez-de-chaussée
du corps central. Le premier étage est un pont posé sur cinq arches qui s'ouvrent
sur le vide lumineux du ciel. Cette transparence est supérieure à celle d'un
pont car, à Thoiry, pour compenser la largeur du château, les fenêtres de la
façade S.O. sont plus éloignées de la porte centrale que les fenêtres de la
façade N.E. En faisant le tour du parterre N.E. de Thoiry, deux autres effets
de transparence apparaissent là où les ailes du château semblent être rattachées
que par leur angle au corps central.
A Thoiry, le château, parce qu'il est situé sur une colline à la même altitude
que les coteaux voisins, est le pivot d'un calendrier solaire ayant l'horizon
pour cadran et les perspectives pour aiguilles pour marquer les moments privilégiés
de la course du soleil aux solstices et aux équinoxes. Le soleil se lève au
solstice d'été et se couche au solstice d'hiver à travers la transparence des
fenêtres du rez-de-chaussée du château dans les axes N.E. et S.O.
Les
allées en patte d'oie montant vers le château valorisaient les transparences
des pièces du rez-de-chaussée. Dans les axes centraux N.E. et S.O. elles correspondaient
au lever du soleil, au Solstice d'été, et au coucher du soleil, au Solstice
d'hiver et dans les axes latéraux E. et O. à ceux des équinoxes de printemps
et d'automne, servant les fonctions solaires du château et magnifiant les transparences
et la légèreté de l'architecture. Tous ces axes furent repris dans le jardin
à la française N.E. de Desgot. Au pied de l'aile annexe du château, des jardins
d'herbes et de fleurs joignaient l'utile à l'agréable. Le potager est à 250
mètres du château et 25 mètres plus bas, là où on pouvait recueillir les eaux
de pluie et creuser un puits. Les allées en étoile dans les bois servaient la
chasse à cour. Le mur d'enceinte faisait du parc une réserve à gibier. Dans
le mur, les "sauts de loup" étaient des pièges aidant le gibier à sauter à l'intérieur
mais lui interdisant de sortir. Ils y avaient aussi une fonction esthétique,
créant des ouvertures, là où il y avait un beau point de vue.
Au
18ème siècle les Jardins à la française ordonnent tout le paysage environnant
: Les plans du 18ème, dont celui de l'arpenteur Aubry, montrent que les allées
du 16ème. furent reprises comme axes des jardins à la française, 150 ans après
par Claude Desgot, neveu et successeur de Le Nôtre. Desgot connaissait le Nombre
d' Or et il avait compris le sens de l'oeuvre de Philibert de l'Orme, car, à
Thoiry, il a ordonné les jardins autour des axes du 16ème, prolongeant jusqu'à
l'horizon les perspectives et la fonction solaire de l'architecture du Château
de Philibert de l'Orme.
Seul le jardin à la française Sud Ouest ne fut pas remplacé au 19ème. par des
jardins à l'anglaise. Le Jardin à la Française N.E. ordonne le paysage et la
vue jusqu'à l'horizon par cinq perspectives. En restaurant ce jardin Paul de
La Panouse découvrit qu'un léger décalage dans les axes centraux N.E. et S.O.
orientait exactement l'axe central de la façade N.E. au lever du soleil au Solstice
d'Été et celui de la façade S.O. au coucher du soleil au Solstice d'Hiver. Au
Solstice d'Été, vu du vestibule, le soleil se lève dans l'axe N.E., entre les
allées de tilleuls et au-dessus du miroir d'eau. De l'extrémité du parterre
S.O. le soleil apparaît dans le vestibule central, comme s'il se levait dans
le château. Son reflet dans l'eau du bassin rappelle que la vie est fille de
l'alliance entre l'eau et le feu solaire. Au Solstice d'Hiver, vu du jardin
N.E., le soleil brille à travers le vestibule comme s'il se couchait pour la
nuit dans le château. 
L'hiver et vu de l'extrémité de la perspective S.O., le Château, illuminé par
le soleil couchant, semble être en feu, car les vitres deviennent miroirs et
elles reflètent les rayons solaires comme autant de flammes : manifestation
flamboyante de la fuite du temps mise en scène par les jardins à la française.
Le jardin S.O. est un monde en équilibre sur lui-même, comme une grande clairière,
avec à l'horizon la forêt des Quatre Piliers, qui prolonge la Forêt de Rambouillet.Vues
du Château, les pentes sont calculées pour corriger les déformations de l'oeil.
Le regard glisse sur les plans successifs de la terrasse, du parterre et du
bassin, puis, le tapis vert étant invisible, il survole les arbres et l'horizon
et se perd dans l'infini du ciel. Les côtés du jardin s'écartent pour s'opposer
à l'effet de fuite d'une perspective aux bords parallèles. Le regard revient
paisible au centre du jardin. Les tracés en brique rouge pilée, restaqrés dans
le gazon vert des parterres à l'anglaise, apprivoisent les lignes de fuites
rectilignes avec les courbes des lunes et demi-lunes. Les reliefs en plein et
en creux sont à peines soulignés mais ils confortent l'équilibre général.
Une
illusion d'optique, unique au monde, inverse les effets naturels de la perspective.
Le promeneur, qui descend l'allée centrale, a l'impression que le fond du jardin
au lieu de se rapprocher, s'éloigne. La grandeur du jardin, au lieu de diminuer,
augmente à chacun de ses pas. Claude Desgot a organisé l'espace en largeur et
en hauteur pour inverser l'effet naturel de la perspective. En largeur les haies
de ifs, qui bordent le parterre, et les deux allées de tilleuls, qui les prolongent,
paraissent parallèles mais elles s'écartent pour contrer la ligne de fuite.
Le tapis vert, à la fin de la perspective, est plus large de 30 mètres que le
parterre au pied du château. En hauteur : vus du vestibule du château, le rideau
vert et les arbres, qui ferment la perspective à l'extrémité du tapis vert à
630 mètres du château, semblent être plantés au bout du parterre, à 120 mètres
du château. Les deux demi-lunes coïncident par le jeu des pentes et le tapis
vert, long de 510 mètres, est invisible. Au fur et à mesure que l'on descend
l'allée centrale, le tapis vert semble monter derrière le bassin. Quand on descend
d'une colline, la hauteur de la colline d'en face semble diminuer; la mer, vue
du haut d'une falaise, est un vaste mur bleu et quand on arrive sur la plage,
elle n'est plus qu'une ligne étroite écrasée par le ciel. A Thoiry, plus on
avance plus le tapis vert, révélant sa profondeur, monte faisant reculer l'horizon
pendant que la perspective latérale se dérobe en s'écartant et la grandeur du
jardin augmente à chaque pas.
La
beauté classique de cet exceptionnel jardin à la française ordonne la nature
pour mieux grandir l'homme. " Je suis maître de moi comme de l'univers ", écrit
Corneille, au point de soumettre les lois naturelles de la perspective à celles
de l'art dans la culture classique. L'horizon en reculant donne l'illusion que
la nature s'incline devant le promeneur. Pour Descartes, c'est par la volonté
que l'homme ressemble le plus à Dieu : ses autres facultés, telles l'imagination
et l'entendement, ne s'accomplissent que lorsque la volonté ordonne le regard,
la parole et le geste qui vont incarner l'acte créateur. À Versailles, la Cour,
le palais et les jardins glorifiaient l'expression de la volonté du Roi. Les
grands jardins à la françaises offrent à chaque promeneur ce pouvoir royal sur
la nature. Le rideau vert, qui ferme en demi lune la perspective, appuie l'illusion
d'optique unique de Desgot à Thoiry.
Suite à la tempête de 1999 et au don de l'Association "Reboisons la France",
Annabelle de La Panouse et le paysagiste Alain Richert ont replanté ce rideau
sur trois niveaux : les buis soulignent la base du demi cercle d'une ligne d'un
vert vif; les photinias, aux troncs colonnaires, forment le rideau intermédiaire,
que domine la masse forestière des chênes tri-centenaires, dont les frondaisons
restent juste en-dessous de la ligne d'horizon. Les camélias dans le sous-bois
renforcent l'épaisseur de ce rideau vert et annoncent par leurs fleurs la fin
de l'hiver. Le Nôtre s'était inspiré à Versailles du livre de Colonna et d'Alberti,
"Le Songe de Polyphile". Son neveu Claude Desgot a prolongé dans les jardins
de Thoiry l'oeuvre accomplie par Philibert de L'Orme par le château.
Les Jardins à l'Anglaise veulent paraître plus naturels que la Nature
: les jardins à l'anglaise étaient aussi appelés anglo-chinois, car ils furent
inspirés par la découverte des jardins des palais de Chine, grâce aux missionnaires
et aux voyageurs. Comme les jardins à la française, ils ont vocation d'ordonner
tout le paysage environnant.
Ce manuscrit d'Horace Walpole, écrivain et frère du premier ministre anglais,
Robert Walpole, est intitulé " Du Goût Moderne des Jardins". Il a été traduit
en français par le duc de Nevers, qui fut ambassadeur de France en Angleterre
et un des membres du Secret du Roi Louis XV.
A Thoiry, le Comte de Machault transforma une grande partie des jardins à la
française en jardins à l'anglaise, selon le plan dessiné par Châtelain
en 1823, ne gardant à la française que le jardin S.O.. Il fit planter les splendides
massifs de rhododendrons et d'azalées. Cette première proposition de destruction
du jardin à la française S.O. montre les arbres qui doivent être abattus, ceux
qui seront récupérés et les zones qui seront plantées.
En 1850, son gendre, Léonce, marquis de Vogüé, demanda à Varé, paysagiste du
Bois de Boulogne, de remettre aux goûts du jour le jardin à l'anglaise. Il introduisit
des espèces exotiques, dont 55 séquoias,
mais
noyant le château dans des bosquets d'arbres et arbustes, il ferma les vues
sur le paysage. Maître de forges, il bâtit une "folie", un chalet, pour abriter
la machine à vapeur, qui montait l'eau du Jardin des Cascadelles au château
et à la fontaine du village. Ce plan proposé par Varé est la deuxième
proposition pour remplacer le jardin à la française S.O. par un jardin pittoresque.
Il est très intéressant car il montre en filigrane le tracé du jardin à la française
sur lequel sont superposées les modifications. Melchior de Vogüé dissuada ses
parents de le faire.
En 1945, la comtesse de La Panouse a recréé la perspective sud du "Belvédère".Paul
et Annabelle de La Panouse maintiennent et restaurent les jardins à la française
dans les axes N.E. et S.O., où ceux-ci prolongent les perspectives de l'architecture
du château. Sur le reste du domaine ils restaurent et ils développent le parc
à l'anglaise et ses collections botaniques. Annabelle de La Panouse a commencé
à dégager les bosquets de Varé des taillis qui les avaient envahis, afin de
les remettre en valeur. "Le Pré Angélique", du nom de la belle Angélique de
Marescot, a vu son pavillon de thé et de musique ruiné par la guerre et ses
magnifiques cèdres décapités par les tempêtes. Annabelle de La Panouse souhaite
y planter en bosquets des arbres et arbustes fleurissant de juin à septembre,
afin de créer un jardin d'été. Ce jardin d'été fait partie d'un programme initié
il y a quinze ans, afin que la floraison s'étale sur toute l'année. Il complétera
le Jardin d'Automne et les plantations d'arbustes fleurissant à la fin de l'hiver.
Un
Jardin Écologique ou un Rêve de Paradis du 20ème: En 1965, Paul
de La Panouse ouvrit le château au public, pour donner à ce monument historique
une fonction culturelle et des ressources économiques. Pour attirer les enfants,
tout en respectant l'environnement, il créa un parc animalier. Pour la première
fois au monde, hors de leur pays d'origine, des animaux exotiques et sauvages
vivaient en liberté les comportements de leur vie sociale et tribale sous le
regard des visiteurs, comme en Afrique. Dans Thoiry, Théâtre de la Nature, les
arbres centenaires sont le décor et les animaux sont les acteurs. Chaque animal
n'a qu'un rôle, celui que lui dicte son instinct. Son jardin idéal, le paradis
terrestre de son espèce, c'est un territoire où il peut exprimer ses comportements
instinctifs. Chaque espèce joue sa partition, qui est sa vie. Nous sommes liés
aux animaux par nos gènes et par les racines de nos comportements, là où l'inconscient
rejoint l'instinct, que notre pensée réflexive a transfiguré pour le meilleur
et pour le pire. Toutes nos civilisations ont élaboré une symbolique animale
pour exprimer les sentiments artistiques, affectifs et spirituels. En inventant
un paysagisme original et de nouvelles méthodes d'élevage, mettant en scène
le comportement en liberté des animaux sauvages, Paul de La Panouse a réalisé,
dans ce théâtre de la nature qu'est Thoiry, un rêve écologique d'une nature
idéale selon la culture de son siècle. 17 millions de visiteurs ont visité le
parc en 34 ans.
Les jardins historiques de Thoiry sont vivants car ils mettent en scène
la vision d'une nature idéalisée, celle des siècles passées et celle de notre
temps : les animations botaniques, zoologiques et culturelles de Thoiry ont
financé la restauration de dizaines d'hectares de jardins et la plantation de
dizaines de milliers d'arbres et d'arbustes en 25 ans.
Restaurations et créations dans les jardins historiques.
-Le Jardin à la Française Sud Ouest : Annabelle de La Panouse a recréé en
ifs les haies sur les côtés du parterre et les tracés en brique rouge, qui avaient
disparu. Elle a planté les bordures avec de la lavande, des rosiers, des buis
taillés et de la santoline. Elle a restauré les broderies autour de la fontaine.
À l'Est, une longue galerie fait la transition entre le jardin à la française
et le parc à l'anglaise et présente une collection de pivoines et de fleurs
vivaces. Les allées de tilleuls du jardin S.O. seront renouvelées en trois étapes.
Les ifs et les buis centenaires des deux jardins verts du 18ème, qui furent
en partie détruits au 19ème, seront reconstitués avec d'autres arbustes à feuillages
persistants.
-Le Jardin à la Française Nord Est : Six hectares de jardins à la française
avaient été transformés en champs agricoles au 19ème. Paul de La Panouse a restauré
en 1968 la perspective centrale du jardin N.E., sur un kilomètre et dans sa
grandeur originale, telle que Claude Desgot, le neveu de Le Nôtre, l'avait dessinée.
Il l'a prolongée en créant un miroir d'eau d'un hectare qui reflète le lever
du soleil dans l'axe au Solstice d'Été. Après la tempête de décembre 1999, le
parking a été replanté de poiriers d'ornement, car, jusqu'à l'apparition des
machines agricoles, les champs étaient parsemés d'arbres fruitiers. Pour achever
cette restauration, il faudra créer à 3 km deux petits bois pour cacher les
lignes haute tension de l'E.D.F. et le lotissement d'Andelu.
- Le parterre Nord-Est : Le parterre N.E. reprendra les dessins de Desgot
et les renforcera en intégrant des miroirs d'eau qui refléteront le soleil dans
les perspectives que Philibert de l'Orme avait créés pour valoriser les moments
privilégiés du solstice d'été et de l'équinoxe.

- Le parc botanique et le jardin à l'anglaise : Annabelle de La Panouse,
ayant la nostalgie des automnes flamboyants de son Amérique natale, invita Timothy
Vaughan à planter un Jardin d'Automne et agrandir le Jardin Corail qu'elle
avait commencé avec le grand pépiniériste Harold Hillier.
En
1987, conseillée par Alain Richert, elle planta une bordure d'accueil à l'entrée
du village. Elle agrémente les allées, les perspectives et les massifs de rhododendrons
centenaires aux couleurs mauves et roses tendres avec une grande variété d'arbres
rares et de rhododendrons botaniques et hybrides aux coloris chatoyants rouges,
abricots, et corail. Elle diversifie les espèces d'arbres et d'arbustes afin
d'avoir des massifs fleuris toute l'année. Elle a fait planté un jardin le long
de la Rivière et du Pavillon des Singes.
- Les Arbres Parlent : à 7 endroits du parc, ils enseignent le chant
des oiseaux et font entendre l'interprétation des phénomènes de la nature par
les grands compositeurs de musique. Ils racontent leurs histoires d'arbres et
celles des hommes et des animaux, telle qu'ils les observent. Cette animation
crée par Paul de La Panouse aide les visiteurs à découvrir et à contempler les
merveilles du spectacle de la Nature.
-
Le plus grand labyrinthe végétal symbolique de France a été dessiné par
Adrian Fisher pour Thoiry avec des "surprises" inspirées des jardins de la Renaissance.
5.300 ifs ont été plantés en 1995. Il ouvrira en 2004. Le labyrinthe illustre
le "Nombre d'Or", qui fonde les proportions architecturales du Château et la
croissance des plantes, et "Le Songe de Polyphile", qui a inspiré les jardins
symboliques de la Renaissance Italienne, comme celui d'Isola Bella, et qui témoignaient
d'un humanisme, combattu par l'Inquisition. Les animaux y sont présents, symboles
issus des mythologies de l'Antiquité.
- Deux Roseraies furent créées par Annabelle de La Panouse, la Colline
des Roses Anciennes et une roseraie à côté du labyrinthe, dans l'ancien verger
du potager.
-La restauration du Potager, avec ses serres en ruine, ses murs, en partie
écroulés, le grand bassin à étancher, et la haie de buis (400 ans), à retailler,
exige des moyens financiers trop importants mais ne pourra être envisagée avant
celle du château et des jardins, qui sont prioritaires.
Les prochaines créations de jardins seront :
-Le Jardin Chinois reprendra la tradition des jardins, dits anglo-chinois,
qui se sont multipliés en Europe au 18ème siècle. Une chambre et un petit salon
du Château sont décorés de tentures de soies et de papiers peints, qui furent
importés de Chine au 18ème.
-Le Jardin des Cascadelles, dans le Bois des Marmots : recréation d'un
jardin des sources créé au 18ème siècle, transformé au 19ème, avec un chalet
romantique de Varé qui cachait les installations techniques de pompages, malheureusement
en ruine.
- Pour étendre ses activités de théâtre de la nature et de l'histoire,
Thoiry créera un jardin paysagé et une extension du parc animalier qui
valoriseront un hébergement original à thème botanique et zoologique et un art
de vivre dans une nature sublimée. Cet Hôtel Lodge s'inspirera à la fois des
proportions classiques du Château et du style colonial du siècle passé. Il offrira
un hébergement à thème autour d'un nouvel étang au milieu des arbres centenaires
et des plantes rares, avec l'animation de la faune sauvage et exotique, selon
les rêves écologiques du 20ème. Cette réalisation originale de Thoiry, Théâtre
de la Nature, fera vivre les visiteurs dans une nature sublimée.
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Le bien-vivre et le bien-être : Philibert de L'Orme pensait à tout ce qui rendait la vie plus confortable. Avant de construire une maison, il interrogeait son client pour connaître ses goûts, ses besoins, son mode de vie et celui de sa famille. Il lui exposait les avantages et les inconvénients du site choisi, la nature du sol, l'orientation, les ressources en eau, le climat, etc... Il adaptait la construction du bâtiment aux moyens financiers du propriétaire et il vérifiait si les frais d'entretiens futurs étaient compatibles avec ses revenus. Il souhaitait que la maison aide ses habitants à rechercher le "bien être", dans leur vie affective et spirituelle. Cette volonté de mettre le beau et le bien au service de la vie quotidienne était primordiale. La maison et le jardin devaient participer à la recherche de plus d'être, car l'homme est sur terre pour personnaliser le temps. Dans leur quête du savoir qui donne la sagesse, Philibert de L'Orme et Raoul Moreau ont laissé un instrument remarquable qui situe les habitants et les visiteurs de Thoiry dans l'espace-temps pour mieux nous aider à incarner les qualités de l'être dans notre vie quotidienne.
