|
Paul Gauguin (1848-1903) LA
FILLE DU PATRON
huile sur toile 55,3 x 46 cm signé et daté vers le bas à gauche P. Gauguin 86 Saint-Germain-en-Laye, Musée départemental Maurice Denis "Le Prieuré" (Inv. PMD 984.10.1) |
|
Ce tableau fut très probablement réalisé à Paris au début de l'année 1886, au cours du terrible hiver où Gauguin dut travailler comme colleur d'affiches pour ne pas mourir de faim avec son fils. On ignore l'origine du titre de cette œuvre qui aurait figuré au huitième Salon des Impressionnistes sous la seule désignation de "portrait". Nous ne savons rien non plus de l'identité du modèle représenté dont le visage un peu ingrat a été peint en superposition sur une tête d'adolescent, révélée par la radiographie. Si le terme "patron" est souvent appliqué au propriétaire d'un hôtel ou d'un bistrot, il pouvait aussi désigner le chef d'un atelier de sculpture ou de céramique, voire même le directeur de la Société d'affichage pour laquelle Gauguin travailla.
Le portrait, traité à la manière impressionniste, est peint à l'aide d'une touche hachurée qui n'apporte curieusement que très peu de volume, mais valorise la couleur et procure une sensation de lumière. Le rouge éclatant du foulard, mêlé d'ombres vertes, jaillit du centre de la composition à laquelle il apporte une sorte de relief assez étrange. La sensation d'espace ainsi provoquée n'est associée à aucun élément correspondant à une perspective traditionnelle et semble presque indépendante des formes représentées. Dissoute par la fragmentation de la touche, la matérialité du fond disparaît au profit de formes floues, qui, placées comme pour évoquer les pensées du modèle, ne sont pas sans rappeler l'univers symboliste d'Odilon Redon. Agnès Delannoy |
| Emile BERNARD | Pierre BONNARD | Paul GAUGUIN | George LACOMBE | Piet MONDRIAN | Paul-Elie RANSON | Ker-Xavie r ROUSSEL |
| Claude-Emile SCHUFFENECKER | Paul SERUSIER | Wladyslaw SLEWINSKI | Felix VALLOTTON | Jan VERKADE | Edouard VUILLARD |