|
La diversité des situations
Cette liste, même incomplète, témoigne de l’ampleur du désastre. Celui-ci recouvre d’ailleurs des situations qui peuvent être, comme l’explique M. Juan de Beistegui, Président de l’Association départementale des parcs et jardins des Yvelines, très diverses, qu’il s’agisse des dégâts constatés, des coûts de remise en état ou des moyens d’y faire face. Ainsi, les dégâts ont été variables selon les lieux, leur configuration, le type de jardin ou de parc, leur étendue, leur boisement… Si les jardins proprement dits ont en général moins souffert, des grands parcs et des sites très boisés, comme celui de Dampierre, ont été ravagés.
Quant au coût de dégagement d’un parc après la tempête, il peut varier de un à dix, en fonction d’éléments tels que la qualité des arbres tombés (et donc le prix qui peut être retiré de la vente du bois), l’accessibilité des lieux, leur fragilité qui peut nécessiter une intervention en douceur plus onéreuse, l’urgence de réaliser les travaux dans un site ouvert au public… Enfin les moyens de faire face à ces dépenses sont eux aussi variables. A la différence des bâtiments, les parcs et jardins ne sont pas, sauf exceptions, couverts par des assurances. La situation la plus difficile est celle des propriétaires de lieux non protégés au titre des monuments historiques et des sites et non ouverts au public, qui ne bénéficient pas d’aides extérieures. Dans certains cas, des propriétaires découragés par la catastrophe, la longueur de temps et les moyens financiers nécessaires à la reconstitution du jardin, risquent de ne pas le replanter, rendant définitive la perte pour le paysage et le patrimoine.
Quels moyens et quelles perspectives ?
Les mesures gouvernementales annoncées pour le patrimoine culturel après les intempéries font état d’un effort budgétaire de 800 MF, avec 600 MF consacrés à la prise en charge par l’État des dégâts occasionnés aux bâtiments et sites dont il est propriétaire et un concours de 200 MF pour le patrimoine protégé n’appartenant pas à l’État, cela pour l’ensemble du territoire.
Le Conseil général des Yvelines quant à lui engage pour faire face aux dommages causés par la tempête dans le département un plan de plus 100 MF. Des aides sont notamment prévues pour les parcs communaux et les parcs privés ouverts au public (cf. encadré).
Enfin, l’opinion publique a été frappée par ce désastre et le manifeste à travers des souscriptions. Le château de Versailles a lancé une souscription internationale dont l’objectif est de financer l’achat de 10 000 arbres. En mai, plus de 6 000 arbres, d’un coût d’achat moyen de 1 000 F, avaient déjà été adoptés. En France et à l’étranger, cet effort est relayé par de nombreuses institutions, associations et entreprises. L’Assemblée nationale parraine ainsi 132 arbres destinés au Jardin du Roy et le Sénat 105 arbres pour le parterre de Trianon.
La campagne « Reboisons la France », initiée par l’association Parcs et jardins de France, montre l’attachement à ce patrimoine. En trois mois, plus de 3 MF de dons ont été reçus de particuliers, auxquels s’ajoute le partenariat d’entreprises. 35% des dons sont nominativement affectés à un site (dans le département, sont ainsi concernés Versailles, Dampierre, Breteuil, Thoiry, Chèvreloup, les forêts de Rambouillet et Marly, Maisons-Laffitte et… les Yvelines). La masse restante est répartie sur l’avis d’un comité consultatif indépendant.
Pratiquement, les premières tâches à accomplir portent sur la mise en sécurité des lieux et sur le dégagement du bois mort, qu’il est souhaitable d’effectuer rapidement tant pour la sécurité des personnes que pour l’état sanitaire général des végétaux. Viennent ensuite la remise en état des sols, la replantation, qui pourra vraiment débuter cet automne, et la restauration des jardins. C’est au total un travail énorme et c’est pourquoi il importe que le mouvement d’intérêt et la mobilisation se prolongent. Des manifestations comme la fête des parcs et jardins organisée en juin par le Comité départemental du tourisme, avec des animations spécifiques dans des jardins historiques et l’ouverture exceptionnelle de parcs habituellement fermés au grand public, peuvent y contribuer.
| | |