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Le globe terrestre
Coronelli construit le globe terrestre à un moment où les travaux de l’Académie des Sciences, créée par Colbert en 1666, font progresser l’astronomie et la géographie. Il utilise des sources cartographiques hétéroclites, compilant cartes anciennes et modernes, et son œuvre va se heurter à un nouvel esprit scientifique, celui de Cassini et des Delisle, dont les méthodes permettent d’obtenir des coordonnées géographiques plus précises. Faute de temps pour corriger toutes ses cartes, Coronelli ne profite pas du grand planisphère en projection polaire dessiné sur le sol de l’Observatoire de Paris et tenu à jour par les astronomes de l’Académie des Sciences. C’est avant tout le caractère visuel, pédagogique et esthétique de son œuvre qui lui importe.
Retraçant l’histoire des grandes découvertes, le globe témoigne de l’exploration progressive des continents. Coronelli s’efforce ainsi de tirer parti du voyage de Cavelier de la Salle, qui est parvenu en 1682 à l’embouchure du Mississippi, mais il commet une erreur de longitude qui sera critiquée par Delisle. Des zones encore inconnues ou incertaines sont laissées vides ou gardent des contours flous sur le globe, par exemple la Nouvelle Hollande, aujourd’hui l’Australie.
Les tracés géographiques ont probablement été reportés sur la sphère par carroyage, à partir de cartes préparées sous forme de fuseaux. Cette cartographie est enrichie d’un remarquable décor, fait de cartouches, enluminures et scènes exotiques aux couleurs chatoyantes. Les nombreuses inscriptions (il y en a 600, dont certaines très longues) et figures manifestent le caractère encyclopédique de la démarche et offrent une approche vivante de thèmes variés : conseils aux navigateurs, routes maritimes, roses des vents, inventaire des bateaux de toutes sortes, mais aussi commerce, climat, faune, flore, mœurs, histoire des peuples… Des sujets précis sont traités : art de la chasse ou de la pêche, cycle de l’huile de baleine, culture et séchage du tabac, fabrication du sucre… Plusieurs bons artistes ont dû travailler à la peinture des lettres, ornements et scènes, mais les seuls noms qui nous sont connus sont ceux de Claude III Audran et François Desportes, qui intervinrent lors de l’installation des globes à Marly.
Le globe céleste
Le globe céleste représente l’état du ciel à la naissance de Louis XIV, le 5 septembre 1638. C’est à la fois une œuvre d’iconographie allégorique, un instrument de mesure et une tranche de savoir encyclopédique, qui mêle cependant une documentation déjà dépassée à une plus récente.
Peint dans un camaïeu de bleu par Jean-Baptiste Corneille, influencé par Charles Le Brun, ce globe, qui comporte peu de cartouches et de textes, montre 72 constellations, figurées sous des formes symboliques d’animaux ou de personnages mythologiques. 1 880 corps célestes sont matérialisés par des bossettes de bronze doré, plus ou moins grosses selon la taille et la luminosité de l’étoile considérée. Sur l’écliptique coulisse un soleil de bronze, que l’on peut placer dans les différentes positions qu’il occupe au cours de l’année.
Le globe céleste rend hommage aux astronomes et rappelle leurs découvertes. Les étoiles et comètes observées par Tycho Brahé et Kepler sont ainsi figurées, de même que la comète observée en 1682 par Cassini et appelée aujourd’hui comète de Halley.
| | La Californie apparaît représentée comme une île. |